L'agriculture Biologique

      L'agriculture biologique* est apparue au XIXème siècle dans le monde après l'arrivée de l'agrochimie et aussi grâce au développement de l'usage des engrais issus de la chimiosynthèse dans les années 1930. Ses principaux fondateurs sont Albert HOWARD, Rudolf STEINER  et Masanobu FUKUOKA. Elle a pour objectif principal de se rapprocher des conditions de la nature. Cette agriculture a aussi un côté rassurant pour les consommateurs, car ils savent la provenance de leur nourriture et ils connaissent sa composition.

L'agriculture biologique a pour but :

                - de permettre au sol de conserver leur fertilité naturelle

                - d'établir de meilleures relations avec les consommateurs

                - de fournir des produits de qualités

                - de respecter l'environnement.

 

 

 

Les surfaces cultivées en bio dans le monde

      Sur ce diagramme, nous pouvons constater que le continent ayant le plus d'hectares consacrés à l'agriculture biologique est l'Océanie avec 11.8 millions. Le continent qui en a le moins est l'Afrique avec 0.9 millions d'hectares.

   

 

 

 

 

      Ci-dessous, sur cette carte, nous pouvons voir les surfaces cultivées en bio dans L'Union Européenne. Nous pouvons constater, que le nombre d'hectares a augmenté dans la plupart des pays entre 2007 et 2008.  En 2008, le pays qui en cultive le plus est l'Espagne avec 1 317 752 hectares. Tandis que dans d'autres pays comme la Belgique, la culture biologique n'a pas augmenté.

 

 

 

 

La réglementation 

      L'agriculture biologique a une réglementation qui se trouve dans des cahiers de charges* établis par les professionnels. Pour voir si ces règles sont bien respectées, des organismes indépendants contrôlent chaque unité de production.

      En Europe, les règles pour l'agriculture biologique sont homologuées par l'État français et/ou par l'Union Européenne. Pour voir si ces règles sont bien respectées, des organismes certificateurs indépendants contrôlent la production et la transformation des produits biologiques. Ces contrôles sont effectués au minimum une fois par an. C'est une garantie pour le consommateur que les produits sont bien conformes aux cahiers de charges.

  

 

Les labels

      Les labels ont tous des points communs mais varient en fonction des pays et des continents.logo européen

      Tout d'abord, les agriculteurs n'utilisent ni d'OGM, ni d'engrais, ni de pesticides. Ils utilisent des techniques de rotation des cultures. Par exemple, dans un champ, une année les agriculteurs feront du blé et puis l'année d'après, le champ ne produira rien ( la jachère* ).

Aux Etats-Unis, un label unique existe depuis 2002. Il a été délivré par le ministère de l'agriculture.

      En Europe, llabel européene label n'est pas obligatoire et peut être remplacé par des labels plus locaux et qui sont plus exigeants. Ce label indique aux consommateurs que 95% des ingrédients des produits sont biologiques et qu'ils proviennent de l'Europe.

      Le label français est le plus exigeant d'Europe. En effet, une partie de l'alimentation des animaux doit être cultivée sur l'exploitation. Puis une certaine liste de produits peuvent être importés s'ils ne sont pas en Europe. Ce label existe en France depuis 1993. L'ettiquetage permet aux consommateurs de savoir que 95% des ingrédients des produits sont biologiques. Ce label est facultatif.

 

 

 

 

L'interview

      Pour avoir plus de détails et pour mieux comprendre le monde de l'agriculture biologique, nous avons décidé de rencontrer Jean-Marie ROY, agriculteur biologique à Saint Mesmin. 

Il fait parti du GAEC* Les Rocs dirigé par Jean-Marie ROY et Antoine BITEAU. L'exploitation existe depuis longtemps vu que celle-ci allait de père en fils. Ce sont deux fermes qui se sont regroupées pour n'en former qu'une : le GAEC Les Rocs. Celui-ci comporte 140 hectares, 90 vaches laitières et 800 porcs engraissés par an. Ils ont un côtat de 470 000 litres de lait par an à ne pas dépasser.

  

 

  • Le GAEC a-t-il toujours fonctionné sur la base du biologique ?

M. ROY : Non, l'exploitation est sur la base du biologique depuis 1997. Soit depuis que je suis entré sur l'exploitation après avoir suivit une formation sur l'agriculture biologique. Avant, l'exploitation faisait de l'agriculture conventionnelle.

  • A qui vendez-vous vos produits ?

M.ROY : On vend le lait à une coopérative laitière qui prend le lait biologique et conventionnel mais sans les mélanger bien sûr. Puis ce lait est revendu à une marque de distributeur (MDD).

  • Pourquoi avez-vous choisi de changer de technique agricole ?

M.ROY : Personnellement, j'ai choisi de faire des produits biologiques car mon oncle qui était dans le GAEC auparavant, a dû arrêter de travailler sur le GAEC. Il était atteint de la maladie de Parkinson à cause de manipulation à haute dose de pesticides. Malheureusement, il en est décédé. C'est ce qui m'a fait prendre conscience et qui m'a décidé de changer de techniques et de passer à une méthode plus biologiques. Pour Bernard BITEAU, agriculteur retraité qui était sur l'exploitation, faisait de l'agriculture conventionnelle. Il n'avait pas forcément beaucoup de rendement. Il voulait trouver une méthode plus economique. Pour que cela soit plus economique, il voulait faire moins d'achats et produire plus dans les champs. Il voulait aussi se servir de moins d'engrais.

  • Comment s'opère le changement ? Y-a-t-il beaucoup de normes ?

M.ROY : Pour commencer, pendant 2 ans, on produit mais on ne vend pas sur le marché biologique. C'est vendu sur le marché de l'agriculture conventionnelle. On ne vend pas le lait au prix du bio mais au prix du conventionnel. Puis, pour les terres, il faut attendre 4-5 ans pour que la vie microbienne se relance dans le sol. Le cahier des charges européen est assez stricts. La réglementation est plus importante que pour l'agriculture conventionelle. Il ne faut aucun produits chimiques de synthèse. Les traitements médicaux pour les vaches sont aussi stricts, car nous disposons d'un nombre limité pour donner un traitement à une vache. Une organisme agrée par l'Etat contrôle le lait 2 fois par an. La premiere fois, nous sommes prévenus. Mais la deuxieme fois, ils viennent sans rendez-vous. pendant leur contrôle, l'organisme contrôle tout ( les comptes, les aliments et les champs, les fiches de suivie de chaque vache... ).

  • Que se passe-t-il si les organismes trouvent une défaillance ?

M.ROY : Si ils trouvent quelque chose de "bizarre", on peut perdre l'agrément. On paye une amende et il peut y avoir des poursuites. Si ce sont de graves fautes, l'agriculteur peut se voir d'être interdit de cultiver des produits biologiques.

 

  • Quels sont les contraintes et les avantages de cultiver des produits biologiques ?

M.ROY : D'abord, nous faisons moins de rendements et c'est plus compliqué que l'agriculture conventionnelle. En effet, il faut diversifier les parcelles. Sinon, si on cultive toujours les mêmes plantes sur les mêmes parcelles, on trouvera toujours les mêmes  types de maladie et cela favorise les mauvaises herbes. Comme je vous l'ai dit, il y a aussi beaucoup de normes. Mais, avec cette forme d'agriculture, nous somme plus proches des animaux. Nous faisons plus de travaux techniques et plus de travaux à la main. C'est comme si nous revenions dans le passé mais avec la modernité et les connaissances d'aujourd'hui.

  • Est-ce rentable ?

M.ROY : Si on a les bonnes techniques, oui c'est rentable. Puis maintenant, peut-être avec le grenelle de l'environnement qui favorise bien sûr l'écologie et le biologique, les demandes sont supérieures aux offres. Donc nous devrons avoir plus de demandes. Par exemple, d'ici 2010, 20% des repas proposés dans la restauration devront être bio. En ce moment, il n'y a que de 2% des repas. Puis, d'ici 2010, 10% des parcelles agricoles devront cultiver du bio. En ce moment, nous sommes qu'à 2%.

  • Pourquoi y-a-t-il peu d'agriculteurs qui investissent dans la culture biologique ?

M.ROY : Certains ont peur de ne pas reussir. D'autres ont une incompréhension des techniques .Alors que cela est simple.

  • Pensez-vous que l'agriculture biologique puisse répondre aux besoins dans le monde ?

M.ROY : Pour la FAO ( Food and Agriculture Organization ), l'agriculture biologique peut y répondre. Pour ma part, le bio peut y répondre mais avec de l'aide. Il faudrait remettre en cause la consommation actuelle du monde. En effet, nous sommes dans une consommation de masse. Par exemple, le bio est autonome. Donc, nous ne sommes pas obligé d'acheter dans les pays voisins ( comme le soja en Amérique du Sud ). Avant, les agriculteurs américains du sud faisaient, par exemple, un hectare de soja à revendre et un hectare pour leur consommation personnelle. Or, ce qu'ils gagnaient, sert peut-être à acheter des produits superflux, qu'ils n'ont pas forcément besoin. Donc, ils n'ont plus rien pour manger. Avec le bio, ces mêmes agriculteurs feraient 2 hectares pour leur consommation. Ils n'auraient pas besoin d'en revendre une partie, comme les autres pays auraient tout ce qu'il faut. Alors, ils auraient de quoi manger mais aussi acheter des produits mais de nécessité.

 

 

 

 

 

 

      L'agriculture biologique pourrait répondre avec d'autres moyens au défi de la faim dans le monde mais elle n'est pas accessible à tous. En effet, les produits biologiques sont souvent plus chers que les autres produits. Il ne sont donc pas abordables aux populations et ne peuvent être étendus au monde entier. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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